Amitié et Officialité [PV Freedepht]

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Amitié et Officialité [PV Freedepht]

Message par Astralÿs Wiz'Rakad le Dim 2 Sep - 13:01

« … et ainsi je déclare, par les pouvoirs qui me sont conférés, l'instauration du Groupe de Recherche d'Albelay en Médecine. Puisse l'avenir de notre belle contrée n'en être que meilleur. »

Je reposai ma plume et me frottai les yeux. J'avais terminé d'écrire ce Décret Royal, il ne me restait plus qu'à le confier au Conseiller des Innovations pour qu'il le fasse placarder dans tout Albelay. J'espérais que mon peuple verrait par l'instauration du GRAM tout l'amour que je lui portais. Après avoir soigneusement rangé ma plume – ce n'était pas une vraie plume, on n'en trouvait pas sous les mers : il s'agissait d'un fin et élégant bâtonnet, taillé dans de la perle d’huître et dont la pointe, plus souple, était faite de colle de coquillage durcie – et roulé le parchemin, j'y apposai le sceau royal et appelai un courrier, afin qu'il porte le précieux écrit à mon Conseiller. Puis, je me levai de ma chaise et nageai en tourbillonnant vers la voûte de mon bureau. Me dégourdir un peu me fit du bien. En fait, j'étais assise sur cette chaise depuis près de trois heures, occupée à lire des rapports, approuver des projets de loi, en recaler d'autres, et enfin rédiger le document qui proclamait officiellement l'institution du GRAM. Je fermai les yeux et appréciai le courant d'eau plus froide qui caressait mes paupières. A propos du Gram... Il me fallait trouver un chef qui dirigerait les opérations. Et contacter Freedepht...

J'avais rencontré cette jeune guérisseuse dans les Rochers aux Algues, et elle m'avait tirée d'un bien mauvais pas. Même du peu que je la connaissais, j'avais commencé à l'apprécier. Notre rencontre s'était finie sur une note bien mystérieuse... J'avais en effet appris que la demoiselle était en réalité la fille disparue de Galadriel Galagastania, celle qui avait été enlevée plusieurs années par son père. Personne ne savait ce qui s'était passé, pas même moi. J'étais curieuse de l'apprendre, mais je ne désirais pas brusquer Freedepht, aussi je résolus de ne pas l'interroger lors de notre prochaine rencontre.
Il me sembla soudain que j'avais oublié quelque chose d'important. Je rouvris les yeux en sursaut : les candidatures pour faire partie du Gram ! J'avais oublié de mentionner la procédure à suivre dans mon écrit. Mais quelle idiote... J'allais devoir tout ré-écrire sur un nouveau parchemin. Oh, et puis non, me dis-je. J'allais juste écrire ce qu'il y avait à rajouter, le faire parvenir au Conseiller, et il s'occuperait du reste. J'avais autre chose à faire.

Je redescendis vers mon bureau, ressortis ma plume et écrivis :

« Le Gram recrute des soigneurs et chercheurs en Médecine. Pour nous faire parvenir votre candidature, il suffit de remplir un dossier mentionnant vos compétences en la matière. Ce dossier devra avoir été signé au préalable par les trois directeurs des écoles de médecine les plus réputées, pour attester de la véracité du document. Ne vous présentez pas à la légère, une fonction au sein du Gram présente beaucoup de travail. Nous attendons vos candidatures avec impatience. »


Je sortis la tête de mon bureau et attrapai un second courrier qui passait par là, lui confiant ma missive pour le conseiller des Innovations et lui demandant de m'amener le capitaine de la garde. Le jeune homme, guère âgé de plus de 19 ans, s'empressa de s'exécuter et disparut vite au bout du couloir, tout émoustillé de sa mission. J'observai un instant, un peu attendrie, l'endroit où il avait disparu, et retournai en soupirant à mon bureau. Je devais prendre connaissance d'un rapport sur les diverses Matrones du pays. Sa lecture se révéla très instructive. Toutes les Matrones, de chaque village aussi petit fût-il, envoyaient régulièrement un rapport sur leurs activités. Toutes, sauf une : la Matrone du village isolé d'Ylenol. Celle-là n'envoyait que quelques rapports, dans lesquels on n'apprenait rien : en les lisant, on avait l'étrange impression que ce qui se passait là-bas était figé dans le temps. Le Conseiller des Innovations, qui était décidément celui auquel j'avais le plus affaire, avait eu la même réflexion que moi et l'avait fait remarquer dans un coin du rapport. Mes réflexions furent interrompues par un léger « toc toc » à ma porte.

« Entrez... »

Il s'agissait du capitaine de la garde, venu s'enquérir des raisons pour lesquelles je l'avais mandé. Je pris la parole.

« Bonjour Capitaine. J'aimerais que vous dépêchiez un soldat auprès de mademoiselle Freedepht Galagastania avec cette missive de ma part. »

Je lui tendis la lettre, que j'avais écrite tôt dans la mâtinée avant même de rédiger le Décret. Elle mentionnait la création du Gram, et rappelait à la jeune guérisseuse qu'elle avait une chambre qui lui était réservée au palais. Elle disait également que je ne lui avais pas réservé de poste en particulier mais qu'elle était libre de choisir et que je l'attendais pour en discuter, si elle le désirait.

« Je ne sais pas où elle réside, ce sera donc à vous de la trouver. Si elle désire se rendre immédiatement au palais – ce que je lui ai suggéré – il faudra que votre soldat l'escorte jusqu'au Petit Salon. Il viendra ensuite me prévenir et j'irai à sa rencontre. »

Le capitaine s'inclina et quitta les lieux. Je me replongeai dans mon rapport.

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Re: Amitié et Officialité [PV Freedepht]

Message par Invité le Mar 4 Sep - 9:56

Le Merleyes 4 Estembre 1005
Fin de la matinée

Cela faisait maintenant plusieurs jours que Freedepht avait révélé sa véritable identité et autant qu’on ne cessait de l’harceler. Elle était suivie par de nombreuses personnes qui ne cessaient de la questionner sur son passé, comme si avoir vécu une tragédie était incroyablement captivant. Chaque jour, une personne venait la voir en lui demandant si elle la reconnaissait : tout le monde voulait être l’ami de la pauvre sirène à l’enfance douteuse !
Certains encore qui n’osaient l’approcher, la pointaient du doigt comme si elle était une bête de foire !

Freedepht en était venue à se calfeutrer dans sa misérable chambre. Pour ne pas s’ennuyer ou être rongé par le doute et la peur, elle ne cessait de concocter des potions et médicaments de sa fabrication. Elle ajoutait quelques raisins secs humains, de la sève des arbres des elfes, chaque potion était plus puissante et plus recherchée. Elle les écrivait toute dans un petit calepin et réussissait ainsi à s’enfermer dans son esprit pour oublier sa peine et son malheur. Souvent, des images de son passé lui revenaient à l’esprit et glaçaient son sang. Elle était obligée parfois de se pincer pour ne pas à avoir à supporter cela.

Aujourd’hui, l’eau était plus froide qu’à son habitude, la demoiselle n’avait pas dormi de la nuit à cause d’un harceleur qui avait guetté son habitation et épiait ses faits et gestes aux travers des carreaux de sa petite fenêtre. Elle but quelques gorgées d’un nectar à la pêche et aux fleurs de lys lorsque soudain l’individu qui avait lorgnait son levée depuis minuit le soir fit irruption dans la pièce et tint ces propos :

« Ma douce amie - il lui attrapa la main - il faut tout me dire ! Rappelez-vous, nous étions ensemble à l’école, je suis Philibert ! »

Freedepht fronça les sourcils, elle le reconnaissait certes mais il n’était point ami du tout. Il n’avait cessé de l’harceler pour qu’elle joue avec lui et lui avait fait peur à maintes reprises. Elle se leva brutalement, dégouté par autant de proximité et dit d’une voix rauque et courroucée :

« Monsieur, je vous demande de sortir de chez moi immédiatement ! »

Le jeune homme au visage implorant se figea et arbora une mine rageuse. Il balança la table contre un mur et dit d’une voix désagréablement perverse :

« Je vous ai attendu toutes ces années et c’est comme cela que vous me remerciez ! Je… »

Il s’approcha d’elle et commença à l’embrasser de force. La sirène le repoussa et s’éloigna autant qu’elle le pouvait cependant la pièce était petite et la demoiselle ne pouvait sortir, la porte étant derrière son agresseur. L’homme au visage monstrueux s’approcha d’elle, les mains levées, lorsqu’enfin la providence vint à son aide et un homme de haut rang entra dans la pièce, l’arme levée.

« Que se passe-t-il ici ? »

Freedepht déboussolée, resta figée devant son sauveur, et le regarda avec de grands yeux de détresses. L’homme lui dit :

« Rien… on discutait, n’est-ce pas ? »

Il regarda Freedepht avec un sourire sournois. La demoiselle retrouva son visage impassible, fusilla l’homme du regard et dit d’une voix détachée :

« Cet… homme, m’a épié puis agressé sous prétexte que je le connaissais, il y a fort longtemps. Il vient à l’instant de m’embrasser de force. Je vous remercie de votre intervention, qui sait réellement ce que cet énergumène allait faire après cela ! »

Le capitaine ne cacha nullement son étonnement en voyant la transformation du visage de la guérisseuse. Il hocha la tête et fit entrer deux gardes pour qu’il mette l’individu en prison. Puis il s’approcha de la belle et lui remit une petite lettre marquée du sceau de la reine.

Freedepht ouvrit les yeux doucement, un sourire imperceptible raviva son visage : la reine ne l’avait pas oublié. Elle lut la lettre avec attention, analysa chaque phrase avec une extrême minutie et dit au capitaine de la garde avant de s’incliner :

« J’accepte l’invitation de la reine et je vous suis gréé de me mener jusqu’à elle ! »

L’homme eut un petit sourire et engagea le pas. Freedepht attrapa à la va-vite sa petite sacoche et vint à sa suite. Ils nagèrent quelques minutes côte à côte sans se parler lorsqu’enfin le capitaine engagea la conversation :

« Je suis peiné que vous soyez importunée par les curieux ! Je peux vous offrir une escorte si cela vous empêche de vivre… »

Freedepht qui se trouvait maintenant devant la porte du palais s’immobilisa, et sourit doucement :

« Il semblerait que la reine en plus d’être exempt de défauts, sache bien choisir ses hommes… - Freedepht fit une courte révérence - je vous remercie pour cette attention, je tâcherais de ne point l’oublier s’il arrivait que je me trouve dans le besoin… »

Tous deux accompagnaient des gardes et de leur prisonnier entrèrent dans le magnifique palais de la reine d’Albelay. Le capitaine ordonna qu’on emmène l’homme dans une cellule et demanda à la soigneuse de le suivre. La belle ne put qu’admirer la puissance du peuple des sirènes : le château ressemblait à un labyrinthe géant fait en une matière inconnue mais réellement sublime. Tout était agencé de manière étrange mais reflétait la pureté de l’eau et de la reine. Le capitaine fit entrer Freedepht dans une petite pièce éclairée par de magnifiques lumières argentées et la fit asseoir sur une chaise haute avant de disparaître par une autre porte.

Freedepht resta immobile, attendant patiemment l’arrivée de la reine, une pointe d’inquiétude dans le cœur.
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Re: Amitié et Officialité [PV Freedepht]

Message par Astralÿs Wiz'Rakad le Sam 8 Sep - 13:50

Toc toc.

Je ne réagis pas, je n'avais pas envie de réagir. Ne pouvaient-ils pas voir que j'étais concentrée ? Que j'avais besoin de calme ?

Toc toc toc.

Je soupirai, produisant une gerbe de bulles, et relus pour ce qui me semblait être la dixième fois la même phrase du rapport. Au bout d'un moment, on entra. Le soldat, inquiété de mon absence de réponse, afficha un soulagement clairement perceptible sur son visage.
« Hum... Majesté ? »
Résignée, je répondis :
« Ouiiii, Kynnon. »
« Heu... Votre... « invitée » est arrivée, elle vous attend dans le Petit Salon. »
Aussitôt, je sortis de mon apathie et me levai de mon fauteuil. Je regardai droit dans les yeux le soldat qui avait l'air un peu mal-à-l'aise. Sans doute ne pensait-il pas que je connaissais son nom.
« Y a-t-il quoi que ce soit que je devrais savoir d'autre ? »
Il tortilla sa nageoire puis, se rendant compte de son attitude peu professionnelle, se redressa et composa un masque d'indifférence sur son visage. Je souris. Il commença :
« Eh bien... »
« Eh bien ? »
, l'encourageai-je.
« Eh bien Dame Galagastania est fortement importunée, même chez elle, par des curieux et d'autres malotrus – il mit toute l'indignation qu'il éprouvait à leur égard dans ce mot – intrigués par son passé et sa soudaine célébrité, depuis que vous lui avez fait dire son identité publiquement. »

Je me mordis la lèvre. C'était prévisible, et je me sentais coupable... pourquoi donc lui avais-je demandé son nom en public ? J'essayai de ne pas m'accuser, me disant que ce n'était pas ma faute, que je ne pouvais pas savoir. Mais il fallait tout de même que je fasse quelque chose pour Freedepht à ce sujet. Je repris la parole :
« Merci, Kynnon. Vous pouvez disposer. »

Le soldat ne se fit pas prier et disparut. J'arrangeai rapidement ma coiffure et enfilai par-dessus ma tunique brodée un manteau bleu nuit surligné d'or que je laissai ouvert. Cela ferait plus « officiel » : je ne voulais pas donner lieu à des commérages et des rumeurs. Posant rapidement mon diadème sur ma chevelure et sortis, me dirigeant vers le Petit Salon qui se trouvait à deux battements de nageoires d'ici. Je toquai à la porte ovale, en bois vernis et ouvragé, puis tournai la poignée de corail et entrai. Le Petit Salon était... petit. Circulaire. Éclairé par de petites lumières argentées fixées aux murs. Meublé de quatre chaises hautes de pierre et d'une table ronde et élégante fixée au sol. Et, sur l'une de ces chaises, Freedepht, un air un peu appréhensif sur le visage. Je lui souris, sincèrement heureuse de la revoir.

« Bonjour, Freedepht. »
Je m'étais permis de l'appeler par son prénom. Après tout, j'étais la reine, je pouvais tout me permettre... non ? Je poursuivis ?
« Vous vous portez bien ? Kynnon m'a rapporté que vous aviez été importunée, j'en suis sincèrement désolée, que pourrais-je faire pour vous ? Vous savez que vous avez une petite suite ici, au palais. »
J'avais laissé poindre le souci dans ma voix. Je n'avais aucune idée des intentions de la demoiselle aux cheveux océan, désirait-elle toujours participer au Gram ?
« Comme vous le savez sûrement, j'ai mis en place le groupe de soigneurs. Les candidatures sont ouverte, mais une place vous y est réservé... Vous avez idée du domaine dans lequel vous voulez être ? »

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Re: Amitié et Officialité [PV Freedepht]

Message par Invité le Dim 9 Sep - 16:51

Elle contemplait avec minutie les deux gravures qui se trouvaient en face d’elle, vers la porte qu’elle avait dû franchir pour attendre la reine. Ces deux gravures étaient d’une précision et d’une poésie invraisemblables.
La première mettait en scène une jeune sirène aux longs cheveux assis sur un rocher au large d’Albelay. Elle contemplait un jeune homme qui se prélassait sur une plage non loin de là. L’artiste avait insisté sur l’expression de la belle créature : de la tristesse mêlée à un profond amour. Le ciel était grisâtre derrière elle, comme si un orage se préparait, le sable bien que clairsemé par des rayons de soleil était exagérément terne. Seul le jeune homme brillait dans cette gravure, il était le personnage important de l’histoire du tableau.
La deuxième gravure qui était bien plus grande, représentait la ville d’Atlantia. L’auteur de la gravure avait révélé son don pour l’observation : chaque mur de nacres, de perles, de coraux et de sables durcis était parfaitement détaillé. Les lanternes, bien que représentait en noir et blanc, étaient particulièrement bien dessinées : il semblait même que l’on pouvait voir à travers elle, les nombreuses subtilités multicolores à l’origine de l’illumination de la ville. Le palais royal situé au centre était d’ailleurs le pilier du tableau. Toute l’architecture de ce tableau respirait l’élégance et la fantaisie de la cité des sirènes.

Freedepht eut l’impression que ces tableaux avaient été disposés ainsi pour préparer le visiteur à rencontrer une reine forte et puissante qui loin d’être plongé dans les prétentions de son rang, avait la sensibilité du plus parfait des despotes.

La sirène sursauta et émit quelques bulles lorsque la reine entra dans la pièce circulaire. Elle était parée d’un manteau aussi sombre que le ciel étoilé parsemé de petites dorures assorties. Elle portait aussi son diadème parsemé de petites pierres précieuses orangées symbole de la royauté.

*Sans doute, se dit Fredepht, voulait-elle montrer une distance entre elle et moi ? C’est bien normal : elle est reine !*

« Bonjour, Freedepht- elle fit une courte pause - Vous vous portez bien ? Kynnon m'a rapporté que vous aviez été importunée, j'en suis sincèrement désolée, que pourrais-je faire pour vous ? Vous savez que vous avez une petite suite ici, au palais. »

Freedepht ne répondit rien, tout d’abord, elle sentait que la reine n’avait pas fini de parler cependant elle comprit sans mal que le prénommée Kynnon ne pouvait être que son capitaine de la garde.

« Comme vous le savez sûrement, j'ai mis en place le groupe de soigneurs. Les candidatures sont ouvertes, mais une place vous y est réservée... Vous avez idée du domaine dans lequel vous voulez être ? »

Alors comme cela, en plus, de ne point l’avoir oubliée, elle lui offrait le droit de choisir son poste ? C’était un grand honneur…

« Madame –elle s’inclina doucement- je vous remercie pour l'attention que vous me portez. Il est vrai que je suis indisposée depuis cet incident cependant je tiens à préciser que vous en êtes point du tout responsable. Il fallait bien que cela arrive… Cependant je me vois dans l’obligation d’accepter votre offre en ce qui concerne cette suite que vous m’offrait si généreusement… »

Elle lui fit un petit sourire de remerciement qu’elle dissimula rapidement sous son masque de marbre. Il fallait qu’elle reste neutre devant elle, pour ne point être la source de nouveaux tiraillements. Elle baissa les yeux sur le sol bleuté, en proie à une réflexion intense.

« J’avoue ne pas avoir réfléchi à cela ces derniers temps… cependant, si vous me laissez le choix… j’aimerais faire partie du groupe d’investigation en charge de la prise d’échantillon dans le monde marin. Je sais que notre travail est très peu valorisant et que nous ne sommes bons qu’à prendre de petits grains et à faire des rapports cependant il me semble que c’est une place qui me conviendrait tout à fait. Je connais le monde marin, les abysses, les coraux. Je serais donc capable de guider les chercheurs et bien sûr nous ne manquerons jamais de prendre des échantillons d’eaux pour vérifier si un potentiel empoisonnement pourrait survenir dans les contrées d’Albelay. »

La demoiselle se tue, elle avait trop parler… Elle regarda sa reine avec un petit pincement au cœur et dit d’une voix qui se voulait conciliante :

« Excusez-moi, il me semble parfois que je parle plus qu’il n’en faut… »


Spoiler:
Oui, je suis un peu partie en cacahuète sur les gravures mais bon ^^'
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Re: Amitié et Officialité [PV Freedepht]

Message par Astralÿs Wiz'Rakad le Jeu 13 Sep - 17:02

La demoiselle avait eu l'espace d'un court instant l'air impressionné par la décoration de la pièce. Elle avait été choisie avec soin pour installer une ambiance mi-accueillante, mi-distante et propice à des rencontres non-officielles. Le Petit Salon était l'une des pièces les plus entretenues car plus utilisées. Cela contribuait à garder l'illusion que le palais entier était net, propre, éclairé, mais je savais qu'au fin fond des étages les plus hauts, il n'y avait que poussière et silence, sobriété et solitude, bien que, puisque l'on montait en altitude, l'eau se fît plus claire dans ces endroits-là. L'expression d'admiration sur le visage de la guérisseuse s'estompa bien vite pour laisser place à cette indifférence apparente qu'elle affichait la plupart du temps.

Puis, elle commença à parler, s'exprimant avec respect. Après avoir accepté le logement que je lui avais proposé, le masque froid qu'elle portait fut brisé par un sourire, avant de se reconstituer aussi sec. J'inclinais imperceptiblement la tête, acceptant avec grâce ses remerciements. Freedepht détourna le visage, soustrayant son regard au mien. J'avais pu lire une expression pensive sur ses traits, signe qu'elle réfléchissait. Mais à quoi ? A une façon de formuler sa réponse ? Ou bien tout simplement ne savait-elle pas encore dans quel domaine elle désirait occuper son temps ? La réponse ne tarda pas.

« … j'aimerais faire partie du groupe d'investigation en charge de la prise d'échantillons dans le monde marin. »

Continuant sur sa lancée, la belle au cheveux d'océan m'exposa avec ferveur les raisons pour lesquelles elle pensait que ce poste lui conviendrait. Mes fines lèvres s'étirèrent en un sourire amusé, et elle se tut, comme gênée d'en avoir dit tant. Aussitôt, elle s'excusa et je la rassurai :

« Les seules personnes qui parlent trop sont celles qui se répètent sans cesse, celles qui parlent pour ne rien dire... et celles qui parlent pour trahir, or il me semble que ce n'est pas votre cas. La parole est un don donné aux humanoïdes, comment s'exprimeraient-ils sans elle ? Ne vous excusez donc pas. Si ce poste est celui qui vous convient le mieux – et vous m'en avez convaincue – je ferai en sorte que vous y soyez affectée. Je vous nomme donc directrice du sous-groupe d'investigateurs herboristes. Vous devrez constituer des groupes et les envoyer chercher et répertorier toutes sortes de plantes selon les besoins et, comme vous l'avez si bien dit, faire des prélèvements d'échantillons d'eau que vous analyserez. Vous vous assurerez également de la création de plantations d'herbes médicinales. Vous pourrez bien évidemment vous joindre aux prélèvements. Ah, et j'allais oublier, il faudra faire un rapport tous les mois sur la quantité de plantes amassées et l'état des eaux dans différents lieux. Voilà. »

J'avais fait mon petit discours en nageant en cercles tout autour de la pièce au fur et à mesure que je sortais les instructions de ma mémoire très sollicitée. Il me semblait avoir tout dit. Je souris chaleureusement à Freedepht.

« Et, pour faire moins officiel... je suis heureuse de vous revoir. »

La pièce était tout à fait isolée, idéale pour des conversations privées. On ne risquait donc pas de m'entendre de l'extérieur et de colporter des rumeurs compromettantes selon lesquelles la Reine favoriserait quelqu'un, ou quelque autre bruit dans ce genre. Je consultai la pendule qui mesurait, inlassable et indifférente, le temps dans un coin de la pièce. L'idée de ce mécanisme nous était venue de nos voisins humains, mais il avait nécessité l'intervention de quelques ingénieurs pour réussir à fonctionner dans l'eau. Les aiguilles m'informèrent qu'il était encore tôt, pas encore deux heures de l'après-midi. Je décidai sur un coup de tête de m'autoriser un peu de détente. Après tout, j'avais travaillé sans interruption depuis sept heures tapantes ce matin. Je proposai donc :

« Voulez-vous que je vous accompagne dans la visite de vos appartements et des locaux du Gram ? Je dépêcherai une poignée de soldats auprès de vous dans quelques jours afin qu'ils vous aident à transporter, au besoin, les possessions que vous désirez emporter ici. »

Je me tins près de la porte et, l'ouvrant, j'invitai la guérisseuse à sortir de la salle. Deux gardes étaient postés de chaque côté de la sortie et se mirent aussitôt au garde-à-vous. D'un signe de main, je leur signalai que ce n'était pas la peine. J'étais assez proche de mes gardes et ils n'avaient cette tenue officielle que lorsque je recevais.

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Re: Amitié et Officialité [PV Freedepht]

Message par Invité le Sam 15 Sep - 15:02

Freedepht sentit son visage s’épanouir de plaisir en entendant la reine lui avouait sa joie de la revoir. Elle savait que cela n’était pas très officiel, cependant elle éprouvait vraiment beaucoup de sympathie pour cette femme si frêle et si forte à la fois. Elle s’obligea à se taire en se pinçant les lèvres et écouta la reine qui semblait avoir beaucoup travaillé pour la journée. Elle se surprit à rougir en l’entendant parler de l’accompagner jusqu’à ses appartements, cela était vraiment une preuve d’affection mutuelle. Elle s’inclina doucement et la suivit dans le couloir.

Pendant qu’elle marchait en compagnie de la reine, la belle ne savait plus où se mettre. Elle pensa à sa façon d’agir puis se rassura en se rappelant la promesse qu’elle avait faite à sa mère de rester toujours franche avec elle-même. Elle jeta un coup d’œil à la reine et resta impressionner devant sa droiture. Cette femme regardait toujours en face d’elle, comme si elle était capable de combattre n’importe qui. Elle se surprit à se comparer à elle : Freedepht avait toujours été froide pour se protéger de ses souffrances, toujours à contrecarré la moindre preuve d’affection par un simple coup d’œil glacial. Elle n’avait jamais pris la peine de raconter son passé… à qui que ce soit… cependant elle désirait de plus en plus le dire à quelqu’un … peut-être la reine…

Non. Elle ne la gênerait pas avec son passé, cette femme n’avait pas à subir un désir malvenu et inapproprié pour ce genre de relation… et pourtant ! Elle scruta une seconde fois la reine puis avala sa salive avant de reporter son attention sur sa marche.

« Je suis heureuse de vous voir moi aussi, ma reine. »

Elle hoqueta doucement, elle avait osé rajouter cela, c’était hors propos. Elle toussota un peu avant de continuer doucement :

« Madame, je suis désolée pour tout cela… vraiment… je ne devrais pas me sentir aussi proche de vous et cependant je ne cesse de désirer cela. Je m’en excuse, je vais tâcher de penser autrement… »

Elle reposa son masque de sècheresse sur son visage et enferma son cœur derrière une porte de marbre :

« Aimez-vous la vie au palais ? »
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Re: Amitié et Officialité [PV Freedepht]

Message par Astralÿs Wiz'Rakad le Mer 19 Sep - 14:52


Moi-même, la Reine, m'étais perdue plus d'une fois dans le dédale des couloirs du palais avant de connaître par cœur tous les chemins, les plus longs, les plus courts, et ceux où l'on croiserait le moins de monde. C'était précisément dans l'un de ces chemins que j'entraînais Freedepht à ma suite. Je savais de mémoire que dans quelques mètres, après avoir tourné à droite, il y aurait un escalier qui descendrait en spirale vers le premier sous-sol. Nous croisâmes une dizaine de personnes à l'air affairé, puis nos rencontres s'espacèrent au même rythme que les pierres lumineuses encastrées dans les murs qui nous tenaient office de bougies en cette contrée sous-marine. Il semblait également que l'eau se rafraîchissait légèrement. A côté de moi, la guérisseuse aux cheveux océan s'agitait.
Elle sembla surprise des mots qui sortirent de sa bouche, comme si elle n'osait pas croire qu'elle venait de me dire qu'elle était heureuse de me revoir. Elle toussa ensuite, et je lui lançai un regard interrogateur.

D'abord elle s'excusa, et ce fut à mon tour de manifester ma surprise en ouvrant de grands yeux. Pourquoi s'excusait-elle ? La réponse vint immédiatement après. Je m'arrêtai de nager un instant, la forçant à faire une halte également, et la dévisageai sans manifester aucun sentiment. La fugitive expression de trouble sur le visage de la belle venait d'être recouverte par ce masque de glace qu'elle arborait si souvent. Chaque fois que ce masque disparaissait, j'éprouvais une étrange satisfaction ainsi que le sentiment d'avoir entraperçu la véritable Freedepht, celle qui était douce et sensible, derrière toute cette froideur et cette sécheresse. Et chaque fois que le masque revenait prendre sa place, j'étais frustrée. Alors je résolus de faire tout mon possible pour briser ce masque, le faire s'éclipser le plus souvent possible ou même pour toujours. Je lâchai cette phrase énigmatique, d'une voix douce :

« On ne peut pas s'empêcher de vivre. »

Puis je repris ma route, entraînant Freedepht à ma suite. Nous descendîmes les escaliers : nous étions presque arrivées. La question de la guérisseuse me prit au dépourvu. Aimais-je la vie au palais ? Je n'en savais rien, je n'y avais jamais réfléchi. En devenant Reine, j'étais venue habiter ici. Je n'avais plus eu le loisir de voir mes anciens amis, je passais le clair mon temps enfermée, à travailler. Tout le monde était extrêmement attentionné envers moi, je n'étais jamais en manque de rien et je ne pouvais désirer plus en matière de confort. J'avais de la sympathie pour quelques servantes, quelques soldats... et mon Conseiller des Innovations. Je vivais, tant bien que mal. Il y avait des jours bons, d'autres moins. Alors, aimais-je la vie au palais ? Je souris, amusée.

« J'aime la vie, où qu'elle soit. »

Consciente que mes phrases étaient laconiques, j'ajoutai :

« Mais le confort du palais est très agréable. Je n'ai vraiment pas de quoi me plaindre. J'espère que vous aimerez la vie au palais, vous aussi. »

Nous parvînmes devant la large porte des locaux du Gram. Je la poussai, m'arc-boutant, et laissai ainsi apparaître une immense salle. Pleine de bureaux. Pleine de tubes et d'autres instruments en verre. Pleine de bibliothèques contenant des rayonnages de livres sur les plantes et la médecine. Et vide de personnes. Je me tournai vers Freedepht :

« En fait, nous n'avons pas encore d'employés pour le Gram... mais je suis certaine que les candidatures se bousculeront. »

Je brûlais de poser des questions à la guérisseuse, sur sa vie, comment les gens vivaient à l'extérieur de ces murs, comment étaient les gens, si ils avaient changé de mentalité, quel était le nouveau haut à la mode... Mais ç'aurait été ridicule de la part de la Reine. Il y avait bien d'autres questions que j'aurais voulu lui poser, et sur son passé, mais cela aurait été d'une incroyable indélicatesse. Je ne pus cependant m'empêcher de dire :

" Et comment est la vie à l'extérieur du palais ? "

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Re: Amitié et Officialité [PV Freedepht]

Message par Invité le Mer 19 Sep - 21:54

Certes, on ne peut pas s’empêcher de vivre, mais certaine… coutume nous oblige à respecter des règles strictes qui sont loin d’être inutile. Il est vrai qu’une telle attention de la part de sa reine était très plaisante, cependant cela pouvait entraîner certaines personnes à en profiter et Freedepht refusait de faire partie de ces gens. Elle ne préférait donc point répondre à cela, même si ce petit encouragement l’avait touché, et nageait doucement en descendant des escaliers qui n’avaient aucune place dans un palais de sirène mais qui avaient sûrement été faits dans le style humain.

Freedepht ne dit pas un mot lorsque la reine lui répondit par une phrase si banale au sujet de sa vie au palais. Il lui semblait que sa réponse était toute faite, comme si elle n’avait pas le droit de s’exprimer réellement. Elle continua sa route jusqu’à arriver à une grande porte en roche océanique où l’on pouvait voir graver sur un petit écriteau : GRAM. Lorsqu’elle l’ouvrit, Freedepht qui se forçait à ne rien paraître, ne changea point du tout son expression, malgré un profond désir d’exprimer sa joie. De nombreux bureaux étaient alignés le long d’un mur. De longues tables où étaient disposées des éprouvettes, des lingettes, des instruments d’expérimentation, des pipettes, des erlenmeyers, et d’autres matériaux scientifiques brillaient au centre de la pièce. Sur le mur du fond, on pouvait voir des étagères remplit de condiments, de plantes, d’herbes de tous les horizons. À gauche, il y avait une grande bibliothèque, avec des livres de toutes sortes, fait d’une matière étrange qui résistait encore et toujours à l’eau.

La reine dit quelques mots au sujet du GRAM qui ramenèrent la guérisseuse à la raison puis, sans que cela ne puisse être anticipé par la belle aux cheveux abyssaux, elle lui demanda :

" Et comment est la vie à l'extérieur du palais ? "

Freedepht s’arrêta net, enleva son masque de glace et fronça les sourcils :

*À l’extérieur du palais ? Que voulait-elle savoir exactement, se dit-elle, quelle était la vie au sein d’Atlantia ? Non, elle le sait déjà. Elle doit savoir une multitude de choses sur ses habitants… Dans ce cas… parle-t ‘elle de la vie à l’extérieur d’Atlantia… dans ce monde-là… oui sans aucun doute…*

Ma belle fixa sa reine comme si en la regardant, elle allait avoir des réponses à sa question.

« Eh bien, je pense que vous devez parler de la vie à l’extérieur d’Atlantia… C’est différent, très différent. Il y a des régions très simple, où les gens vivent heureux à leur manière… et puis, il y a une région… très particulière disons… très froide. »

Elle regarda le sol, quelques choses venaient de germaient en elle, un souvenir affreux qu’elle avait dissimulé pendant tant d’années. Elle avait l’impression qu’elle allait craquer et enfin pouvoir exprimer son ressentit, sa tristesse. Une douleur inacceptable surgit de son cœur et envahit son corps sous la forme de multiples pulsations. Elle se recula avec force contre un mur, ces pensées se bousculaient, une illusion créée par un lourd traumatisme la fit perdre les pédales. Elle tomba sur le sol, la malédiction faisait son effet :

*Pourquoi, pourquoi maintenant… Il ne va pas rentrer, il ne le fera pas, il est parti… non, non… NON ! *

« NON ! »

Elle posa ses mains devant son visage comme pour se protéger lorsque l’illusion s’évanouit enfin et laissa place à une salle du palais royal… Elle resta là, dépitée d’avoir agi ainsi devant la reine, dépitée d’avoir encore cette malédiction, dépitée enfin de n’avoir jamais pu s’exprimer. Elle ne voulait ni de pitié, ni de compassions, mais par Akwabaa, elle n’en pouvait plus… Depuis la divulgation de son nom, elle était en proie à des moments de terreurs, chaque souvenir de son terrible passé refaisait surface et l’emprisonnait dans une illusion créée de toutes pièces par la malédiction qui marquait son dos. Les demandes des sirènes sur son passé avaient accru son état de stress et l’avaient affaibli au plus haut point. Elle n’en pouvait plus, elle ne le supportait plus, elle ne l’acceptait plus… et s’effondra en larmes.
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Re: Amitié et Officialité [PV Freedepht]

Message par Astralÿs Wiz'Rakad le Sam 22 Sep - 15:46

A ma question, Freedepht perdit son masque et je pus voir son trouble à travers son froncement de sourcils, bien que je ne comprisse pas quelle en était l'origine. Ma question était parfaitement banale... je me surpris à la tourner et retourner dans ma tête pour essayer de trouver en quoi elle pouvait prêter à confusion. La belle guérisseuse finit par répondre, et je fus éclairée par ses premiers mots. Non, je ne pensais pas nécessairement à la vie à l'extérieur de la capitale en posant mon interrogation... En fait, je sortais tellement peu du palais – et lorsque je sortais, c'était si bien encadrée par une escorte – que je n'étais pas réellement en contact avec le peuple. Je voyais l'état des rues, l'état des gens... mais rien ne m'informait de ce qu'ils pensaient, de quoi ils parlaient : rien ne m'informait sur leur mentalité, leurs désirs, leurs problèmes. Ma question concernait donc tout aussi bien Atlantia que le reste du pays, mais c'est sur ce dernier que Freedepht avait décidé de se concentrer. Alors je l'écoutai parler, chercher ses mots.

J'écoutai sa voix s'éteindre, et je vis son expression se crisper légèrement tandis qu'elle s'était mise à fixer le sol, le regard vide, hanté. Et la tristesse qu'elle afficha relevait presque du désespoir, c'était une tristesse dont je compris qu'elle était insoutenable. Un instant, je crus que la belle allait réussir à la refouler, mais c'était comme le calme avant la tempête, le moment qui précédait une explosion. Et ce fut bel et bien une explosion à laquelle j'assistai, une explosion de détresse : la guérisseuse recula précipitamment, comme pour fuir quelque chose d'horrible, jusqu'à se heurter à un mur, précipitant un ou deux tubes à essais dans l'eau ; et elle s'effondra.

« NON ! »

Tout cela s'était passé en quelques secondes à peine, quelques secondes pendant lesquelles j'étais demeurée interdite, les deux mains posées sur les lèvres, n'osant ni bouger ni réagir. Les yeux de Freedepht semblèrent reprendre conscience de leur environnement, les ombres qui les envahissaient avaient disparu. Pendant un instant tout fut d'un calme de mort, puis c'est devant une Freedepht détruite, sanglotante, vulnérable comme un coquillage brisé, que je me retrouvai. Moi, Reine d'Albelay, Elue des Sirènes... impuissante. Je n'étais plus rien de tout cela, des titres que je possédais : je n'étais plus qu'une jeune adulte effarée. Je savais que des mots n'auraient en rien servi à ce moment-là. Je ne pouvais pas non plus envisager ne serait-ce que la possibilité de laisser la guérisseuse en détresse seule dans son chagrin. Et je ne pouvais pas non plus rester près d'elle sans rien faire. Alors je fis ce qui me parut le plus instinctif : je m'approchai d'elle et la pris dans mes bras délicatement, comme un objet précieux et fragile, la berçant doucement.

Lentement, très lentement, les sanglots violents qui agitaient la poitrine de la belle se calmèrent quelque peu. Alors, sans qu'elle m'oppose plus de résistance qu'une poupée de porcelaine des continents d'en haut, je l'entraînai à ma suite, par la main, hors de cette salle, à travers plusieurs couloirs et escaliers vides de monde. Nous montâmes, montâmes... et finîmes par arriver à cet endroit qui n'était fréquenté, il me semble, que par moi-même. Il s'agissait d'une petite terrasse sans rebords en pierre légèrement colorée, non-aménagée par quelque meuble que ce soit, qui surplombait toute la ville. Seules deux ou trois tours du palais étaient plus en altitude, dont celle qui crevait la surface. L'endroit était bien plus lumineux que les sous-sols du Gram, et je l'appréciais tout particulièrement car l'on pouvait y distinguer les jeux de lumière et de couleurs sur les toits du palais et de la ville.

On entendait vaguement la rumeur des rues, en bas. Je fis asseoir Freedepht sur le rebord, et je m'assis à côté d'elle. Le gros de ses larmes s'étaient taries, mais quelques unes perlaient encore aux coins de ses yeux et s'élevaient, d'une luminosité rare, dans l'océan ambiant, et des sanglots atténués secouaient encore sa poitrine. J'attendis qu'elle prit la parole, si elle le désirait. Quant à moi, rien de ce que j'aurais pu dire n'aurait été utile sinon maladroit.

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